Moleskine

19 mai 2017

Hashtag Hashtag!!

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Saviez-vous qu’on appelait ça « un mot dièse » ou un mot clic au Québec ?

Un mot clic….

Je me suis posé la question lors de mon arrivée sur les réseaux sociaux :  « Mon Dieu mais c’est quoi tous ces dièses, à quoi ça sert ? » Eh oui, je me suis vraiment posée cette question has bine.

Mais j’ai vite compris et observé sur la toile, ces nouveaux symptômes révélateurs d’une tumeur narcissique, chez certaines personnes.

Attention, loin de moi l’envie de faire une énième critique réactionnaire. Non.

J’aime juste observer ce nouveau comportement. Il est flagrant sur Instagram (enfin pour moi, je ne possède ni twitter ou autre). Tous ces selfies commentés et suivis de trois, quatre, parfois six lignes de « Hashtag ».

Alors le plus intéressant, c’est de lire ce fameux mot accoudé au « dièse ». Ce réputé mot-clic révèle tellement de choses sur leurs auteurs. Au plus ils imposent de Hashtag, au plus ils ont de chance qu’on les trouve, au plus ils ont de chance de gagner un suiveur. Au plus leur ego devient proportionnel à ce chiffre qui augmente, en haut, à droite de leur écran.

Ces hashtag en disent long sur eux. Ils se définissent avec des mots et expressions biens particuliers :

#brunette#chic#glamour#girly#frenchgirl#me#followme#mood#pretty#fashion#authentic. Ce n’est pas rien d’être tout ça en même temps !

 « En faisant précéder vos mots clés du symbole # vous pourrez attirer une communauté d’utilisateurs autour de vos centres d’intérêts »….Ils deviennent leur propre centre d’intérêt

« Pour commencer rapidement à gagner des followers voici les hashtags les plus populaires : #picoftheday#girl#me#fashion……… » (et oui il y a des hashtags racoleurs)

J’ai lu un article dans lequel on définit les différents types d’hashtag : lieu, évènement, humour et contexte.

Je pense qu’aujourd’hui il en existe un autre. #me#followme#glamour, si vous voyez ce que je veux dire.

Personnellement ces Hashtags-là me mettent mal à l’aise. Est-ce que je suis jalouse de ne pas être capable de le faire ? Alors non je ne suis pas jalouse de ce genre de profil, car je ne me sens pas proche d’eux.

Pourtant, j’ai quand même un Instagram.

Avant de m’en servir comme boîte à idée (oui, il y a quand même des personnes pleines de ressources sur les réseaux) et comme album amical (ce qui se passe en famille reste en famille). Je dois l’avouer, j’adore aller zyeuter toutes ces « publications selfies ». Alors pour ça Instagram est génial. Il remplace le Closer des WC. J’aime à dire que ces réseaux sont des classes sociales lycéenne pour adulte. A qui sera le plus populaire avec la dernière paire de lunettes à la mode ou les dernières Addidas. Je n’ai pas beaucoup de photographie sur mon Instagram mais je publie quand même de temps en temps. Je connais tous mes abonnés (pas difficile, je n’en ai que 27). Je pense être une utilisatrice modérée qui fait un bon usage des réseaux sociaux. Je pense également être dans le partage avec mes amis. Je n’ai pas de talent particulier, je n’ai pas de projet professionnel particulier. Je n’ai pas de but précis à utiliser les réseaux sociaux. Et je m’y fais la plus discrète possible. Mais je publie quand même...

Finalement, l’utilisation de ces réseaux sociaux la plus difficile à expliquer, c’est la mienne. La leur est bien plus claire : être populaire. Publier, tagger, et accumuler des followers. Peut-être est-ce une nouvelle façon d’acquérir de la confiance en soi ? Et encore, il en faut déjà pas mal pour publier un selfie par jour. Parce que soyons clair, ces types de hashtag me mettent mal à l’aise parce qu’ils accompagnent un autoportrait. Voici ma photo, et voici comment je me vois (hashtag).

On a déjà lu des études sur les selfies, cet énorme phénomène qui intrigue sociologues et psychologues. Par exemple le docteur Van Galagher aurait mis en évidence une corrélation entre le niveau d’exposition personnelle des gens sur les réseaux sociaux et leurs éventuelles carences sexuelles. On est d’accord, ça fait sourire. Mais concrètement, selon elle, le selfie, dans sa forme abusive, serait en fait pour fuir une réalité bien concrète : la solitude et le manque de reconnaissance et d’amour. Quand j’y réfléchis, je dois vous avouer que ça me fait quand même penser à certains profils

Cette même chercheuse affirme que «  les personnes addictes aux selfies évaluent leur niveau de bien-être social en se basant sur les likes…. Ils tentent de fabriquer une image idéale d’eux-mêmes ».

Et je pense que les hashtag en sont la preuve flagrante, et son loin d’être anodin.

Alors, oui, je fais partie de ces mauvaises personnes qui se délecte du pathétique de certains Instagram avec une phrase fétiche : « Non mais regarde-moi ça ! C’est n’importe quoi ! ».

Toutes ces publications quotidiennes qui ont pour but de nous tenir informé de tous les faits et gestes de chacun sont, pour moi, de la télé-réalité en carte postale. J’ai l’impression d’être dans une société Truman Show, un monde digital parallèle où tout est comme il faut.

Aujourd’hui je suis spectatrice occasionnelle de ce genre de profil et je sais très bien pourquoi. Ça me permet d’être contente de ma vie, ça me permet de me rendre compte que je n’ai pas besoin  de m’exposer dans un monde virtuel pour exister, et me sentir moins seule. Je n’en suis pas très fière. Parce que normalement je n’ai pas besoin de ça pour le savoir.

Heureusement, il y a des personnes bien plus créatives qui savent utiliser ces réseaux sociaux, et j’adore les suivre, ils sont source de coup de pied au ... #viensvoircequejefais#jeprendsdesrisques#jemedémènepourréalisermesprojetsetmesrêves...

Posté par Moleskkine à 15:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]